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mardi, 13 novembre 2007
Emission "Sans aucun doute": une survictimisation inutile
A ne plus rien y comprendre! Dans le cadre professionnel, une personne m'annonce que si son employeur ne fait pas ce qu'elle souhaite (litige sur un reclassement), elle va contacter Julien COUBET de l'émission "Sans aucun doute" pour régler son conflit.
Mais que se passe t-il? La justice laisserait sa place à une émission TV? Il serait utile de contacter Julien COURBET pour obtenir réparation de son présumé préjudice?
Ce soir, je regarde cette émission pour observer leur procédure. HONTEUX ! Pour un juriste, ayant l'expérience de l'aide aux victimes! Cette émission est inconsciente!
Effectivement, certaines affaires sont "réglées" grâce au pouvoir médiatique de cette émission. Mais la solution n'est pas réellement négociée, ni judiciaire! On est simplement face à des "présumées mauvaises personnes" qui, par peur du pouvoir médiatique, accepte tout et n'importe quoi.
Mais, ne laisse t-on pas un faux espoir aux milliers de personnes qui regardent cette émission?
Sur le plateau TV, tout est fait pour créer un climat de survictimisation, les "présumées victimes" sont renforcées dans leurs complaintes. Au niveau psychologique, il n'y a aucune issue possible, le seul but étant de montrer de la souffrance humaine à la télévision.
Mais qui sont ces avocats qui prostituent la profession, qui apportent une mauvaise image de la procédure judiciaire? Pourquoi l'ordre du Barreau de Paris ne réagit-il pas?
Au fond, cette émission possède au moins un mérite, celui de rappeler que les lacunes de la justice (délai, coût, accessibilité, etc...) sont à améliorer.
Alors, est-ce qu'il faut faire croire que la justice, même imparfaite, pourra être contrecarrée par une émission de télé!? En tout cas, cette émission laisse paraître ce sentiment à une partie de nos concitoyens.
En tout état de cause, ce qui me choque le plus n'est pas la manière de gérer ces situations. C'est bien la médiatisation de la souffrance, et tout les moyens sont utiles: on pleure, on dit qu'on est en dépression, on évoque son envie de suicide, on parle de faire la grève de la faim... une réalité exploitée.
J'ai travaillé 3 ans dans un service expérimental d'aide au victime (SAVU), service créé par Jean-Louis BORLOO, ministre de la Ville à l'époque. Et sincèrement, la méthode de cette émission est sans aucun doute une honte. Et le principe du contradictoire? Une HONTE ! Julien COURBET fait applaudir son public pour prouver ce qu'il dit! Quelle belle preuve ! Mais qui ose assister à cette émission.... je suis scandalisé!
Je lance un appel, boycottons cette émission!
Les débats sont ouverts. J'y répondrai avec sérieux.
Sébastien VERSCHUEREN
00:45 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

Commentaires
Bonjour Sébastien,
J'ai apprécié ton article sur l'émission "sans aucun doute", que je ne connais pas. Suite à cette lecture, j'ai fait une recherche sur internet sur cette émission et son présentateur Julien Courbet. Comme tu le dis implicitement ("Au fond, cette émission possède au moins un mérite, celui de rappeler que les lacunes de la justice (délai, coût, accessibilité, etc...) sont à améliorer"), cette émission repose sur les imperfections de la justice et "exploite" celles-ci à son profit (audimat = rentrées publicitaires). Le pouvoir médiatique n' a face à lui aucun contre-pouvoir disposant des mêmes moyens de toucher un grand nombre de concitoyens et François Bayrou a eu bien raison de proposer une loi pour la liberté de la presse, loi qu'on va attendre encore un peu.
Cordialement
Roger
Ecrit par : Roger Wyart | dimanche, 18 novembre 2007
Bonsoir Sébastien,
Je n'aime pas du tout cette émission, je ne pense pas que mr courbet se rend compte de l'impact que son émission peut avoir sur la vie en général... tout maintenant va devenir matière à procès médiatique !
Ecrit par : céline | dimanche, 18 novembre 2007
Pour apporter quelques précisions, il est vrai que la procédure judiciaire est assez complexe et parfois peu accessible.
Cependant, j'admets que les principes fondamentaux de droit, comme par exemple le principe du contradictoire, sont les garanties d'une justice égalitaire.
Sur le plan du projet politique du MoDem, il est vrai qu'il faudrait apporter des moyens (humains, financiers et légaux) plus productifs aux tribunaux. L'optimisation de la Justice existe. Il est possible, j'en suis convaincu de concilier principes de droits et rapidité de la justice.
Cependant, ce qui pose le plus de problèmes en France, n'est pas la procédure par elle-même, mais bien l'exécution des décisions de justice.
Combien de dommages et intérets réellement payés? combien de décisions exécutées rapidement? combien de préjudices réglés? ou encore combien de peines pénales appliquées? Le bas qui blesse... c'est cette exécution des arrêts, décisions et ordonnances.
Une personne victime d'une infraction pénale ou d'un préjudice civil n'a pas besoin d'être renforcée dans son mal-être, c'est déjà assez difficile. Elle a besoin de pragmatisme, de soutien et d'aide pour aller de l'avant.
Pourquoi pas créer un café-philo sur ce sujet prochainement... Idée à garder.
Ecrit par : Sébastien VERSCHUEREN | dimanche, 18 novembre 2007
Moi ,non plus je ne regarde pas cette émission cependant mon entourage reste assidu à ce programme qui, comme bon nombre d'émissions de "télé-réalité" se pare de l'hypocrisie de "l'utilité publique". Comme tu le signales le danger serait de faire croire qu'une chaine de télévision et une personne qui n'a absolument aucune pouvoir en la matière se substitue à la justice de notre pays. Effectivement la lenteur de la justice est connue et tu expliques pourquoi mais devant ce triste spectacle que nous offre la première chaine de télévision combien de téléspectateurs arrivent encore à prendre du recul et avoir une opinion critique...pas tellement en fait. Si on fait le compte de notre famille et en admettant que nous boycottons cette immonde émission qui d'autres partagent cet avis ? Pas tellement en fait sauf à avoir une famille dont le niveau socio-culturel soit assez important. Le pauvre ouvrier ou la retraitée qui s'ennuie peuvent -ils vraiment comprendre ce que nous disons et pourquoi nous nous "acharnons" tant sur un programme qui "aide les gens" et un présentateur "beau jeune et défenseur de la veuve et de l'orphelin" ?
Ecrit par : Frédéric | lundi, 19 novembre 2007
moi j'adore cette émissions je ne comprend pas vos réactions négatives sur julien courbet et son émissions heureusement qui sont la des familles attendes des décisions de justice depuis longtemps mai ne voit rien arriver l'équipe de julien courbet ( les avocats, les experts etc.......) ma l'air d'etre sérieux je ne boycotterais pas l'émissions
Ecrit par : azdine | lundi, 19 novembre 2007
Salut AZDINE,
Non, ces personnes n'attendent pas forcément une décision de justice depuis longtemps. Les problèmes sont souvent soit:
- Un manque d'information pour justement faire une action en justice. Et là se pose l'accessibilté de la justice pour tous. Les avocats, soyons franc, n'ont pas toujours réussi à organiser une réponse aux justiciables sur cette question.
Certes, il est possible d'obtenir des consultations gratuites aux maisons des avocats de Lille ou Valenicennes, qui est au courant?
- Une non application des décisions de justice. Et tu vois là Azdine, la justice a joué son rôle, mais c'est bien l'exécution qui pose problème. Comment être indemnisé?
Tu vois, au delà du débat, c'est la médiatisation de cette souffrance réelle ou organisée qui me pose problème.
Peut-être que je n'arrive pas à sortir de mon statut de juriste dans ce post... Mais cette émission me choque vraiment.
Pourquoi devrait-on déléguer notre justice, c'est à dire notre outil du "vivre ensemble" à une émission télévisuel?
Ecrit par : Sébastien VERSCHUEREN | lundi, 19 novembre 2007
Je ne suis pas juriste non plus mais en ayant déjà regardé ce programme dans le passé j'ai été vraiment géné à certains moments. D'abord ce côté théatralisé des intervenants et le cabotinage insupportable de Julien Courbet. Ensuite son rôle d' "accusateur public" qu'il se pare et de redresseur de torts. Nous n'oublions pas non plus la manière dont les victimes décrivent leurs cas et l'exploitation de leur souffrance.
Les avocats qui participent à ce programme devraient avoir honte d'utiliser leur savoir à cautionner le principe d'une télévision-justice. Où est donc leur déontologie ? Que penser alors de la présence de Madame Noachovitch qui a tenté d'utiliser S A D comme tremplin à une éventuelle carrière politique avortée (du moins provisoirement puisque le départ de Dominique Strauss-Kahn pour le FMI lui laisse la circonscription libre pour une deuxième chance sur Sarcelle) ?
Les raisons sont multiples de ne pas regarder mais le travail pour convaincre nos compatriotes et en particulier les plus humbles de ne pas se focaliser sur ce programme sera très dur.
C'est donc au législateur de donner les moyens nécessaires à la justice pour exister et rendre caduque ce genre de "télé réalité". En tant que Démocrate j'affirme qu'il ne faut pas laisser notre justice aux mains de personnes non élues pour se substituer à l'Etat.
Est-ce la volonté actuelle de nos gouvernants ? C'est en ce sens que nous nous tournons vers ceux-là et en particulier Madame Dati.
Affaire à suivre.
Ecrit par : Frédéric | mardi, 20 novembre 2007
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