mercredi, 18 mars 2009

Café Démocrate

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samedi, 07 mars 2009

COMA COLLECTIF

Une perquisition dans les locaux d'Emmaüs Marseille...

Un compagnon sans-papiers en garde à vue...

Juste parce que lorsque tu es pauvre et sans papiers! Tu n'as rien à faire en France !

La République va mal? : la crise n'est pas en cause, le gouvernement n'est pas en cause, c'est nous, citoyens qui sommes les seuls fautifs !

jeudi, 05 mars 2009

Boues toxiques

Saint-Aybert : Les stocks de boues toxiques font encore débat de ce côté-ci de la frontière
Agostino Populin, président de l'association de défense de l'environnement du Pays de Condé et Emile Anglas, fondateur de l'association C.A.N.A.L
Polémique. Le projet Seine-Nord-Europe prévoit le dragage du canal Condé-Pommeroeul, un cours d'eau pollué par des millions de m3 de sédiments toxiques.

Une association de riverains belges remporte la bataille juridique face à la région wallonne, et c'est toute «l'affaire des boues toxiques» du canal transfrontalier Condé-Pommeroeul qui rebondit. Du moins dans un sens. Car, de ce côté-ci de la frontière, à Saint-Aybert et à Thivencelle, le combat de l'association C.A.N.A.L est encore loin d'être gagné. Pour délivrer cette voie d'eau, chaînon manquant du projet Seine-Nord-Europe, des boues qui lui polluent l'existence, l'État, par l'intermédiaire des Voies navigables de France (VNF), prévoit toujours de disposer des stocks de boues le long de ces berges. Dans des zones se trouvant parfois à 300 mètres des habitations. Ce qui, aujourd'hui, ne sera plus le cas du côté de la Belgique.

Petit rappel: le projet Seine-Nord-Europe, dont la mise en service devrait survenir dès 2013, prévoit de permettre une liaison rapide des navires-marchands ou autres, depuis Paris jusqu'au Nord de l'Europe continentale. Un projet qui nécessite un dragage complet du canal Condé-Pommeroeul, mais aussi son élargissement. Aussi, si des associations se sont formées des deux côtés de la frontière, c'est avant tout  pour protester contre le stockage de boues. Des boues provenant d'une usine pétrochimique située à Tertre, entité de Mons en Belgique, et donc toxiques : «Ces déchets toxiques se jettent dans la rivière de l'Haine puis finissent leur course dans le canal Condé-Pommeroeul. Ces boues sont tellement polluées que si nous les soumettions à un éthylotest, sourit Emile Anglas, il n'y aurait pas de couleurs pour définir à quel point elles sont polluées».

Des risques de cancer

1,5 million de m3 de sédiments pollués seraient à éliminer. Jean-Pierre Defresnes, directeur régional Nord-Pas-de-Calais des Voies navigables de France tablerait même «sur 2 millions de m3». Autrement dit, la tâche est énorme et fait perdre immédiatement le sourire à Emile Anglas lorsqu'il expose les possibles conséquences : «Tout cela va être stockés à ciel ouvert. Les boues vont sécher durant des années puis elles subiront le souffle des vents. Les vents emmèneront sur leur passage de la poussière toxique». Et de poursuivre : «Des poussières que respireront les hommes, mais qui auront aussi un impact sur les milieux naturels. On ne parle pas assez des risques de cancer, de malformation foetale que le contact avec ces poussières pourrait causer. Sans compter que les sols et les nappes phréatiques aussi, seront touchés».

«Frapper plus fort»

Un scénario «catastrophe» en complet désaccord avec les analyses des VNF (voir encadré), même si Emile Anglas préfère rapidement les contrecarrer : «C'est grâce à des analyses scientifiques effectuées en rapport avec les conséquences de la présence de ces boues que les Belges ont gagné. Des analyses qui ont même été faites ici à Saint-Aybert. Avec les analyses, c'est toujours pareil, ça dépend de qui les paie». Aussi peu satisfaite du courrier reçu de la part du ministre de l'environnement Jean-Louis Borloo - «A un moment, on a cru une certaine avancée, mais avec la crise du moment, on a l'impression qu'il va falloir faire vite. Qu'il faut favoriser les rentabilités économiques», poursuit-il, - l'association C.A.N.A.L se dit prête à radicaliser ses actions, à «frapper plus fort». Un front commun avec l'association de défense de l'environnement d'Agostino Populin et les militants belges est d'ailleurs envisagé.

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Les Voies navigables de France ne penchant pas pour le philtre-presse

Du côté des Voies navigables de France (VNF), on affirme que rien n'a encore été décidé. Les lieux où pourraient être stockées ces boues n'ont pas encore été fixés. Et rien ne dit qu'ils se situeraient le long du canal Condé-Pommeroeul. Quant aux risques que pourraient avoir ces boeus toxiques sur l'homme et la nature, «ils sont inexistants, nos analyses scientifiques le prouvent», rappelle Jean-Pierre Defresnes, directeur régional Nord-Pas-de-Calais des Voies navigables de France. «Prenons l'exemple du parc de la Deûle dans la région lilloise. Aujourd'hui, les gens s'y promènent. Et on se doute bien que s'il y avait danger, jamais la métropole lilloise nous aurait permis de faire un parc à cet endroit», poursuit-il. Enfin, le philtre-presse, procédé qui permet de traiter les boues sans avoir recours à un quelconque dépôt, procédé qui sera d'ailleurs utilisé à Malmaison en Belgique, n'a pas encore convaincu Jean-Pierre Defresnes : «J'attends des garanties, un texte de loi qui pourra nous dire que le traitement des boues est efficace avec ce procédé. Rien ne dit que dans vingt ans ou trente ans, il ne restera pas dans la boue, de l'arsenic ou du plomb. Ce n'est pas après coup, lorsque ces boues seront transformées en céramique, qu'on pourra faire quelque chose contre le danger que ça peut avoir sur l'homme».



Article rédigé par :
Marc-Antoine Barreau

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